La sous-traitance asiatique a baissé les coûts

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Evénement 2

Ordinateurs

La sous-traitance asiatique a baissé les coûts

Les fabricants ont réduit les marges pour élargir leur gamme vers la grande consommation.

Par Catherine MAUSSION

samedi 20 décembre 2003

L’irrésistible déflation du prix des portables n’est pas survenue par hasard. Pendant longtemps, les constructeurs ont réservé le micro mobile à la clientèle professionnelle. L’engin léger et transportable pour le cadre dynamique, le gros ordinateur encombrant pour la famille ou le bureau. HP, Packard Bell, Compaq, Sony, Toshiba, Samsung avaient pris l’habitude de sortir à intervalles réguliers des machines plutôt haut de gamme à fortes marges et s’en portaient très bien. « Quand Compaq nous proposait un portable pour le grand public, se souvient-on chez Auchan, c’étaient des produits en fin de vie. » Bref, seules les fins de stocks étaient bonnes pour l’hypermarché. Puis, début 2000, la crise a frappé le marché professionnel. Les grandes marques ont mis le cap sur les consommateurs, imitées par le taïwanais Acer, l’allemand Medion ou l’autrichien Gericom. Jusqu’alors, ces « intégrateurs », qui achètent les composants (écran, disque dur, processeurs, etc.) dans des usines, de préférence asiatiques, et les assemblent dans leurs ateliers, s’étaient mobilisés sur les machines de bureau. La compétition s’est emballée. « Ils ont énergisé le marché, raconte Bruno Liverset, chef des achats chez Auchan. Ils ont suréquipé les produits et dérangé les grandes marques. »

Aujourd’hui, c’est l’ébullition. Les fabricants proposent jusqu’à cinq gammes par an. Tous les deux mois, grandes marques comme assembleurs sortent leur catalogue. « Medion, c’est une sorte de magasin de pièces détachées », explique Carrefour. L’enseigne choisit, sur papier, son créneau de prix et les caractéristiques de la machine, définit la personnalisation du produit et négocie le tout avec l’assembleur. Souvent, celui-ci ne vend pas sous sa marque, mais sous des marques blanches, les no names, choisies par le distributeur. Tous les éléments vitaux viennent de chez les mêmes fournisseurs. Intel ou AMD pour les processeurs, NVidia et ATI pour les cartes graphiques.

Les grandes marques ont copié cette façon de faire. « La nouvelle gamme de HP, par exemple, n’existe que sur le papier. Ils ont zéro stock et ne fabriquent pour nous qu’à la commande », explique Carrefour. Le mouvement s’est accompagné d’une seconde petite révolution. L’essentiel des portables est assemblé en Asie. La société d’études IMS estime que la Chine devrait ravir à Taiwan la place de premier fabricant mondial d’ordinateurs portables. La production y a explosé en 2002 et s’est amplifiée en 2003. Les délocalisations massives opérées par les grands constructeurs ont accéléré le mouvement. Les ordinateurs de bureau pouvaient être assemblés en Europe, parce que ce n’est pas un travail compliqué. En revanche, encastrer une dalle écran dans un couvercle portable ou loger dans ses entrailles tous les composants est un travail autrement plus minutieux. « Et le savoir-faire sur ces métiers-là est en Asie », constate la Fnac.

Mise à jour de cette page : samedi 17 janvier 2004
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