Webdesign

Emprunt digital

Pirated Sites traque les plagiaires graphiques de tout poil.

Du vol d’icône nouvelle génération... La copie numérique, cauchemar des majors du disque et du cinéma, touche aussi le design des sites web. Pirated Sites a pour objet de signaler les vilains copieurs, qu’il s’agisse de récupération d’icônes identifiables, de visuels ou de l’interface entière, avec principe de navigation à la clé. Exemple : sur le site brésilien Next Generation Center, un cadre vous tend sa carte pour introduire à la visite. Autre site, autre cravaté, même mise en scène à la carte de visite, celui d’un institut de formation en ligne [1]. La copie est grossière, l’idée reprise telle quelle.

Frontière subtile. « Nice design. Haven’t I seen it before ? » : le message de Pirated Sites révèle toute l’ambiguïté d’une lutte contre une forme de piraterie pas toujours facile à établir. D’abord parce que certaines copies n’en sont pas : il existe sur le Web des milliers de ressources gratuites, depuis les logiciels open source jusqu’aux répertoires d’images animées ou de Templates (interfaces complètes). Ensuite parce que la frontière de l’emprunt au plagiat est subtile : « De plus en plus de choses sont protégées par le droit d’auteur, rappelle l’avocat spécialisé Cyril Rojinsky, et le design graphique l’est dès lors qu’on peut prouver qu’un site porte l’empreinte de l’originalité de l’auteur. »

N’empêche, malgré la convention de Berne à laquelle ont souscrit la France et les Etats-Unis, qui protège les auteurs même s’ils n’ont rien déposé, les bonnes idées graphiques font rapidement le tour du Web. Pour Philippe Gully, de Praktica.net, site ressource des designers français, « le plagiat est aussi un signe de reconnaissance, qui fait toujours plaisir aux auteurs, il est toléré dans le cas de sites perso, mais pas quand c’est commercial ».

Vigilance. Sur Pirated Sites, la méthode est des plus simples : tout internaute qui repère une ressemblance douteuse la soumet au site, lancé en 2000 par deux designers new-yorkais, Tim Murtaugh et Scott Devendorf, choqués des méthodes d’un Capitaine Site Web qui mettait dans son portfolio les sites d’autres développeurs... Suivant le principe éprouvé des hoax (canulars électroniques), Pirated Sites est alimenté à 50 % par ses visiteurs. Pas d’équivalent en France, sauf la vigilance de la communauté du webdesign. « En principe, il suffit de sommer l’usurpateur de retirer illico les éléments sous peine de poursuites », explique Philippe Gully. Et sinon ? « Un tour dans nos forums et un appel d’envoi massif de mails porte ses fruits. » D’autant que les copieurs n’ont pas forcément conscience d’être dans l’illégalité. Ainsi de cet ado de 14 ans qui proposait ses services de webdesign gratuitement, en ayant aspiré le site d’une agence de webdesign du sud de la France...

Mise à jour de cette page : samedi 17 janvier 2004
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